■ Au début du XXème siècle, entre 1846 et
1914, des milliers de
Guadeloupéens et Martiniquais partent en
vagues successives pour Panama participer, aux côtés d'Américains, d'Européens et d'autres Caribéens, aux travaux de creusement du Canal
inter-océanique.
Les facteurs essentiels qui ont poussé
ces personnes à s'embarquer pour Colon, souvent de façon
définitive, sont les crises sucrières successives et
l'éruption de la Montagne Pelée.
Les recrutements d'ouvriers sous contrat étaient effectués
par la Compagnie américaine du Canal qui organisait le
transport des émigrants. Les registres du Canal, du 28
octobre 1914, montrent que la Compagnie a ainsi recruté en
Martinique : 2.733 personnes en 1905, 585 seulement en
1906, et 2.224 en 1907.
En définitive, sur les dix années
qu'ont duré les travaux, 5.542 Martiniquais et 2.052
Guadeloupéens auraient été recrutés.
Encore faut-il noter
que ces évaluations sont sans doute sous-estimées, car
elles n'incluent pas les départs individuels; de plus,
après la fin des travaux et jusqu'au cours des années 20,
des individus sont allés rejoindre des membres de leur
famille qui s'étaient installés au Panama.
Les conditions de travail difficiles et les maladies
ont été la cause de nombreux décès. Non loin de l'écluse
de Miraflores, dans le cimetière de Paraïso, reposent des
Antillais décédés pendant la construction du Canal; une
stèle y a été édifiée à la mémoire des Français.
Pour les familles restées sur place et leurs descendants,
la vie n'a pas été toujours facile, malgré la création à
Panama-City, en 1917, d'une société de secours mutuel, "La
Fraternité", qui regroupe, aujourd'hui encore, les Martiniquais et Guadeloupéens de Panama.
Il a fallu 13 ans pour
que les lois discriminatoires prises à l'encontre des
émigrés soient abrogées.
La minorité antillaise francophone, restée sur place,
fut longtemps victime de sa marginalité et il faudra
attendre 1981 pour que les droits de ses descendants
soient officiellement reconnus.
Dès 1917, la communauté a créé une société de secours
mutuel, la "Société française la Fraternité", qui survit
encore de nos jours.
Depuis quelques années, l'association "Martinique-
Panama" a renoué les contacts, elle organise des
rencontres, dépouille les registres des compagnies et de
la mutuelle.
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