FLEURS PAYS POUR CESAIRE
Je veux dire le combat contre tout ce qui opprime l'homme
Le combat contre tout ce qui écrase l'homme
Le combat contre tout ce qui humilie l'homme
Où qu'il se trouve
Et que dans ce combat là
Chaque peuple quelque petit qu'il soit
Tient une partie du front
Donc en définitive est comptable
D'une part même infime
De l'espérance humaine.
- Aimé Césaire
BRÈVE BAFOUILLE
Césaire aimé fils et bon père de ta terre
tu t'es grandi en te frottant au petit peuple
avec Senghor, consorts, parmi Paris tu te trouvas
des Clovis et des Huns tu te fis une orgie...
Et les chiens s'asseyaient en humant le Cahier
Tandis que nous passions notre temps à la plage
tu nous mettais au nez la bimbeloterie
tu dénonçais l'arnaque en humant le vent large.
Au Nobel de Bonbel tu préfèras les Peuhls
les arbres d'en-Guinée la femme noire altière
le sein qui t'a nourri, la brave Da tamoule
le lait de la savane, camarade Aliker
Le Letchi mûr pour maire, l'alizé vert des mornes
chemin seul, la lumière intérieure et vibrante
loin de la foule aux cris, reste avec nous chez toi.
- Parolier du Dru.
Le langage poétique est le seul qui permette d’exprimer la complexité de l’homme. - Aimé Césaire.
Most novels are very boring. I’m incapable of following all those
characters and stories for thousands of pages.
Poetry quickly distils a
sensibility and a sense of the world. - Amadou Lamine Sall, Senegalese poet.
«… lie ma noire vibration au nombril même du monde
lie, lie-moi, fraternité âpre
puis, m’étranglant de ton lasso d’étoiles
monte,
Colombe
monte
monte
monte
Je te suis imprimée en mon ancestrale cornée blanche.
monte lécheur de ciel
et le grand trou noir où je voulais me noyer
l’autre lune
c’est là que je veux pêcher maintenant la
langue maléfique de la nuit en son immobile
verrition! »(fin du Cahier)
Aïeux nègres, koulis, cannes de Basse-Pointe
Fertile Salutation, l'ombre nage en corps de fantômes.
Temps, le temps c'est ta flamme des mots sobres,
Un doigt, et vent surpris, la rosée suite
En poèmes de l'ami Aimé. - Khal Torabully
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Mots d’une histoire singulière, tragique et toujours espérante.
Mots d’une géographie péléenne où viennent boire les mangroves, éclater les coraux, s’enflammer les balisiers.
Mots d’une existence plus tourmentée qu’on ne le croit, trempée dans une foi inébranlable en l’humanité souffrante.
Mots conjugués en flamme de beauté et portant la torche d’une vérité sans pourquoi.
Aimé Césaire, absolument poète, sincèrement poète, mondialement poète.
A cette heure où l’ombre attise tes paupières, nous te pleurons !
Désormais, il nous appartient de regarder l’avenir en face car nous savons que les plus grands bâtisseurs sont ceux qui réveillent l’énergie des cendres à travers les décombres.
- Ernest PEPIN
Ecoutez le monde blanc
horriblement las de son effort immense,
ses articulations rebelles craquer sous les étoiles dures,
ses raideurs d'acier bleu transperçant la chair mystique;
écoute ses victoires proditoires trompeter ses défaites,
écoute aux alibis grandioses son piètre trébuchement
Pitié pour nos vainqueurs omniscients et naïfs !Car l’esclave, à la limite, n’a pas de responsabilités : théoriquement, il se contente de faire le travail qu’on lui ordonne de faire, de manger et de dormir.
Naturellement, il est bien plus difficile d’être un homme libre que d’être un esclave.
Mais toute la dignité de l’homme vient de ce qu’il préfère la liberté difficile à l’esclavage et la soumission faciles. - Aimé Césaire, source.Je ne m’enterre pas dans un particularisme étroit. Mais je ne veux pas non plus me perdre dans un universalisme décharné. (Lettre à Maurice Thorez).





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