QU'EN DARSE AMIS ! Fêtons 150 ans d'indianité guadeloupéenne.
Célébration-clôture annoncée soft pour l'année du 150è anniversaire de l'arrivée des premiers indiens en Guadeloupe à la Darse de Pointe-à-Pitre, dimanche 23 janvier 2005 de 9h30 à 13h00.
Suite au tsunami, et parce que difficile à mettre en œuvre, la reconstitution de la première arrivée des premiers indiens est annullée. Un monument, œuvre de l'artiste indien Indrajeet Sahadev, sera inauguré, accompagné d'une plaque en souvenir et en hommage aux ancêtres indiens de la population de la Guadeloupe. (photos bientôt).
Emmenés après l'abolition de l'esclavage de 1848, les colons eurent recours à eux pour sauver les plantations abandonnées par les nouveaux libres.
Mais il leur aura fallu attendre 1923 pour devenir citoyens français, après l'âpre bataille juridique d'Henri Sidambarom avec le gouvernement français qui leur refusait, ainsi qu'à leurs descendants nés en Guadeloupe et Martinique, le droit de voter. Ce procès politique dura 9 ans.
Leur difficile intégration aujourd'hui réussie, leur ardeur au travail, les riches apports de leur Inde d'origine à la vie aux Antilles, sont aujourd'hui unanimement reconnus comme hautement bénéfiques au pays tout entier.
Il était prévu au menu de clôture, ne riez pas : reconstitution de l'arrivée du premier contingent sur le bateau "Aurélie", scénario avec acteurs : colons de l'époque, femmes de colons, représentant du syndic, commissaire de l'immigration, représentant du gouvernement, député, médecin, capitaine du bateau, commentateur, traducteur, figurants (les 344 arrivés), carrosses avec cochers embarquant les figurants, tour de la Place de la Victoire marquant le départ des immigrants vers les plantations, canots transportant et débarquant les figurants à la rade... Et inauguration du monument.
NOTA : L'année de commémoration est passée pratiquement inaperçue dans le milieu hexago-marin qui compte nombre de personnes d'origine indienne ou dite bata-indienne.
Si la vision des indiens par eux-mêmes et leur image dans la société antillaise ont bien évolué localement cette année, il sera avantageux que cette évolution de la conscience touche aussi la mentalité métro-marine.
CETTE volonté d'éradiquer tout un pan de notre réel créole nous a conduit à de tragiques malentendus et à des souffrances inutiles.
Mais en ce temps du mépris, les travailleurs tamouls, héritiers de l'antique sagesse du monde indien adopteront la voie du silence et de la non-violence.
Et sur leur terre d'accueil ils scelleront dans leur cœur cette pensée que chantaient déjà leurs ancêtres il y a 2000 ans:
«Ma maison est partout dans le monde, et tout homme est mon frère».
Aussi est-ce dans cet esprit de fraternité que nous avons célébré avec faste 150 ans de métissage avec l'Inde jusqu'ici non avoué et non avouable.
En nous ouvrant les portes de la fascinante civilisation indienne, la commémoration nous a révélé une image séduisante et mystique de nous-même, car l'Inde a participé à la genèse de notre société créole alors que nous étions si peu disposé à son égard.
N'avons-nous pas, par cet oubli, amputé notre société de la dimension spirituelle nécessaire à son épanouissement ?
Cette reconnaissance de l'indianité nous a rappelé que la sagesse hindoue vise avant tout la réalisation, la transcendance de l'être et que c'est dans la culture que l'homme manifeste sa souveraineté.
Mais le 150ème anniversaire de l'arrivée des indiens a été aussi davantage pour nous une découverte historique, symbolique, unitaire et emblématique.
- Francis G. Ponaman, doctorant en culture et civilisation indienne.


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